Un manifestant de 20 ans a été grièvement blessé à la main lors d'affrontements avec la police à la fin d'une manifestation à Toulouse le samedi 24 octobre, a indiqué la préfecture de la Haute-Garonne à l'AFP. La marche avait commencé dans le calme avant l'incident survenu en queue de cortège.
Lors d'incidents dans le quartier des Arènes, à l'ouest du centre-ville, l'AFP a vu les pompiers évacuer un manifestant blessé. La préfecture a indiqué que, alors qu'un rassemblement était en cours de dispersion, les secours ont pris en charge une personne pour une grave blessure à la main. Elle a précisé que les circonstances n'étaient pas connues à ce stade, puis a indiqué qu'il s'agissait d'un homme de 20 ans. Elle a ajouté que des investigations seraient menées sous l'autorité judiciaire afin d'établir ce qui s'est passé.
Un secouriste de rue qui a soigné le blessé et a demandé à rester anonyme a déclaré que celui-ci présentait une grave blessure à la main droite, plusieurs doigts ayant été arrachés, en lien avec l'explosion d'un engin à proximité.
En fin de manifestation, l'AFP a rapporté que des manifestants armés de pierres ou de bouteilles ont affronté la police, qui a utilisé des grenades de désencerclement et des gaz lacrymogènes dans le même quartier des Arènes.
La manifestation toulousaine a rassemblé 26 500 personnes selon la préfecture et 80 000 selon la CGT. Le cortège est parti calmement à 14 heures pour une boucle dans l'ouest de Toulouse, en évitant le centre-ville, où des commerces avaient été endommagés le samedi précédent. Comme dans d'autres grandes villes, le dispositif de sécurité a été renforcé afin de prévenir de nouvelles violences, avec des renforts de gendarmerie, des véhicules Centaure, le RAID et des militaires de l'opération Sentinelle. La police a procédé à de nombreux contrôles préventifs dès le matin, y compris des arrivées en gare de Matabiau, près du point de départ. Toute personne souhaitant entrer place du Capitole, protégée par des barrières et de nombreux policiers et CRS, devait faire contrôler ses sacs. Un couvre-feu est en vigueur dans le centre de Toulouse de minuit à 5 heures depuis jeudi soir et reste en place pour la nuit à venir.
La mobilisation s'est déroulée dans un contexte tendu après plusieurs blessures graves lors des manifestations du week-end précédent. Samedi, le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert une enquête confiée à l'IGPN concernant un photographe grièvement blessé par un tir de grenade de la police le 17 octobre dans la capitale. Jusque-là, l'IGPN avait ouvert huit enquêtes sur les événements de ce week-end, dont deux jeunes de 17 ans grièvement blessés en marge de la mobilisation : l'un dont la main a été arrachée par une grenade à Saint-Étienne, et une jeune femme qui a perdu la vue d'un œil à Mulhouse.